< AVANT < On peut dire que Dollhouse n’est pas née et n’a pas grandi sous les meilleurs auspices : décalée par la Fox pour être remonté et ’’simplifiée’’, les premiers épisodes n’avait pas convaincu grand-monde et quand la série s’est enfin lâchée et est devenue ce qu’elle aurait dû être au départ (une saga de science-fiction visionnaire et géniale), la plupart de ceux qui restaient ont été rebuté par la complexité de l’intrigue et des thèmes traités. Un gâchis renforcée par la chaîne pour cette deuxième saison, diffusée le vendredi soir, LA case hara-kiri par excellence, sur laquelle Sarah Connor Chronicles s’était déjà cassé les dents.
Attention, si vous n’avez pas vu la saison et que vous ne voulez rien en savoir,
ne lisez pas ce qui suit…
> PENDANT < Sachant pertinemment que sa série était vouée à l’annulation cette année, Whedon a intelligemment utilisé les treize épisodes qui lui restaient pour clore en beauté, brassant idées et concepts avec un goût certain de l’expérimentation. Balançant au milieu d’épisodes des retournements de veste psychologiquement viables et des ellipses de plusieurs mois, plaçant avec malice flash-backs et -forwards pour faire avancer l’histoire, le scénariste des excellents Astonishing X-Men retourne dans tous les sens le pitch de départ de Dollhouse (des personnes réduites à l’état de corps, destinés à devenir le réceptacle de multiples personnalités) et trace à toute vitesse son intrigue, compensant le manque évident de moyen par des trouvailles scénaristiques dingues (Alpha faisant exploser un type sur le toit d’un building) et des acteurs sur-motivés et diablement charismatiques. Ainsi, dans le douzième épisode, alors que Rossum est à doigt de détenir un appareil créé par mégarde par le petit génie Topher (génial Fran Kranz) et permettant de vider n’importe qui de son esprit à distance, Echo, Adelle (qui change de camp comme de petite culotte), Paul et les autrs découvrent que Boyd est en fait le co-fondateur de Rossum et… un traitre depuis le début de la série ! Happy ending, néanmoins, avec l’explosion du siège de Rossum… sauf que, dans le treizième épisode, situé quelques années plus tard, on comprend bien que le pire n’a pas été évité, et que la situation apocalyptique décrite dans ’’Epitaph One’’, l’épisode bonus de la saison 1, n’était pas un possible, mais la réalité. Et les surprises sont de taille : Paul meurt d’une balle dans le crâne, Alpha est devenu un good guy et Victor (Enver Gjokaj, autre révélation) un soldat techno-dépendant. Finalement, une impulsion électromagnétique, déclenché par un Topher poignant en martyr déboussolé, rétablit un semblant de normalité. Et Echo s’implante la personnalité de Paul, l’homme qu’elle aime, refusant que la mort les sépare. Une fin magnifique pour une série qui, malgré des défauts évidents, restera une des expériences télévisuelles les plus folles qu’on ait vues depuis longtemps, et surtout une tentative de S-F adulte, intelligente, cool mais noire sur un network, une entreprise louable même si irrémédiablement condamnée à l’échec. Et peut-être la meilleure série de Whedon…
> APRES > Whedon, on le comprend, est dégoûté de travailler pour une grande chaîne. Maintenant, il se limitera aux comics et aux webséries, support à l’avenir florissant, auquel il s’était déjà frotté avec succès via le Dr Horrible Sing-Along Blog, faux-blog vidéo musical suivant les péripéties du Dr Horrible, super-vilain un peu crétin, interprété par un Neil Patrick Harris au comble de l’éclate ! Bien évidemment, on sait déjà qu’on en a pour moins de trois ans avant de revoir Whedon lancer une série sur le petit écran, le type ayant un talent fou et des idées à revendre !










