CINÉMA

23 février 2010

A DEUX, C’EST MIEUX : Shutter Island, malsain d’esprit

Critique Shutter Island
1954. Les marshals Teddy Daniels et Chuck Aule sont dépêchés sur Shutter Island, une île bordée de falaises qui abrite un hôpital psychiatrique où ne sont internés que les criminels les plus atteints et les plus dangereux. Une d’eux, Rachel Solando, a mystérieusement disparu, en pleine nuit, de sa cellule fermée de l’extérieur. Un mystère parmi d’autres sur une île qui aime les cultiver, et qui pourrait bien s’en prendre aux deux agents à leur tour…

L’avis de Mr.Wolf

Monumental. C’est le premier mot qui m’est venu alors que le générique de fin débutait sur l’écran. A 67 ans, Scorsese prouve une fois de plus à la Terre entière qu’il fait partie des grands et qu’en plus de ça, il continue à s’amuser comme un gosse ! L’histoire de Shutter Island (adaptée de Dennis Lehane, auteur de Mystic River et Gone Baby Gone) permet à Scorsese d’utiliser toutes les ficelles d’un cinéma qu’il connaît sur le bout des doigts pour signer un thriller glaçant à la classe dégénérée. Fort d’un roman qui use de psychologie, psychanalyse et psychose, le réalisateur new-yorkais tisse le fil d’un des suspenses les plus haletants de ces dernières années, culminant dans un twist difficilement décelable où tous les rapports de force se trouvent redéfinis. Dans un décor parfaitement glauque et massif peuplé par une brochette d’acteurs parfaitement habités par des rôles parfaitement écrits, Shutter Island égraine avec une infinie malice indices et fausses pistes dans une manipulation toute hitchcockienne, se parant par-dessus le marché d’une mise en abyme rigoureusement mené sur le cinéma et son pouvoir.

Décrit par certains comme un Scorsese mineur, Shutter Island est au contraire une œuvre importante dans sa filmographie, réflexion sur son propre travail et vrai grand film hollywoodien, de ceux qui s’assument comme tel, et qui mêlent le fond et la forme dans un magma homogène. Renforcé par un Leonardo DiCaprio qui n’est jamais aussi intense que chez son réalisateur fétiche, Shutter Island vous clouera à votre siège pendant deux heures et quart, et vous confirmera que vos doigts ne sont nulle part aussi bien que plantés dans la mousse des accoudoirs…

A DEUX C'EST MIEUX Shutter Island

L’avis de Mr Cocktail

On l’a attendu, on n’a pas été déçu ! Un film réellement prenant du début à la fin, plein de rebondissements inattendus : on est baladé pendant 2h15 dans un scénario minutieux et d’une précision implacable. Toute l’histoire est tellement bien construite qu’à la fin on ne sait vraiment plus où on en est, où est la vérité et c’est ça qui rend Shutter Island jouissif : ce sentiment de se faire mener en bateau est à la fois étrange mais tellement bon, car voir un scénario plein de surprises comme celui-ci est devenu rare, et moi qui était mauvais langue en critiquant une bande-annonce qui en disait beaucoup, j’ai été sacrément trompé !

Certes, le film peut paraître long à certaines personnes, avec des ?rêves? un peu fous pour le personnage de DiCaprio, mais on peut saluer tout de même quelques plans d’une beauté inouïe, notamment celui où DiCaprio et Michelle Williams sont dans leur salon, sous une pluie de cendres, avec cette dernière qui se consume… Magnifique ! Côté casting, rien à dire de particulier puisqu’ils sont tous très bons, Mark Ruffalo et Ben Kingsley y compris.
Scorsese réussit là un joli coup de maître, car en plus d’une intrigue solide, il réalise son film avec une passion formidable, avec des clins d’œil aux Films Noirs et des twist très travaillés, et qui nous foutent littéralement sur le cul. Prenez du bon Hitchcock pour l’intrigue et la musique, ajoutez-y un brin de Shining pour la sale ambiance de merde (et de folie) qui sort du bâtiment et voici donc Shutter Island, nouveau joyau d’un réalisateur qui n’en est plus à un près. Ça vous a suffit à vous convaincre d’y aller ou je rajoute une couche ?

Sortie en salles le 24 février.






 
 

 
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4 Commentaires


  1. aurelio

    je crois même qu'après cette avant première je vais y retourner tellement c'était bon.


  2. T'étais à l'UGC, aussi ? C'est vrai qu'il est assez bluffant, surtout quand t'as pas lu le livre et vu aucune adaptation antérieures !


  3. colibri

    J'ai été sacrément secouée, vraiment magnifique ce film. Dicaprio est un très bon acteur et je dis pas ça parce que je suis une fille, promis. J'ai beaucoup aimé l'ambiance sonore: les silences qui en disent long et qui rendent d'autres petits bruits plus importants encore, je pense notamment au craquement de l'allumette. Il va de soit que la lumière apporte enormément sur les jeux d'ambiances. Je ne m'attendais pas à ce coté psychologique, enfin pas aussi poussé.
    Effectivement une fois sortis de la salle une terrible envie de s'y replonger nous démange...


  4. Mr Geek

    Vous n'avez pas été choqués par ENORMEMENT de faux-raccords?
    Moi ça m'a vraiment sauté au visage!

    Mis à part ça ce film est vraiment très très bien fait (cadrage / jeu d'acteur / lumière...) mais je m'attendais quelques peu au fameux "twist"... Et je n'étais pas le seul. Mais je ne regrette pas le moins du monde d'être allé le voir, les 2h15 sont passées comme un eclair devant mes yeux.



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