Dimanche dernier, c’était la Journée de l’Europe et les cinémas en trois lettres (en désordre un C, un G et un U) fêtait l’événement comme tous les ans en programmant une journée spéciale de films européens. 27, comme autant de pays et de découvertes plaisantes et variées. Alors oui, 27, ça fait beaucoup, et vu qu’il n’y a que 6 séances par jour dans un cinéma, plusieurs étaient programmés simultanément ! Néanmoins, j’ai pu en avoir un petit paquet. Deux en l’occurrence. (Ben oui, j’ai aussi une vie à côté.) Seulement deux, oui, mais pas n’importe quoi, m’sieurs-dames !
Le premier du lot était La Disparition d’Alice Creed, dont l’ami Mr Cocktail vous a présenté la bande-annonce il y a quelques temps. Autant ces premières images mettaient déjà bien dans l’ambiance, autant le film se place nettement trois coudées au-dessus. (Ca change des bandes-annonces qui sont mieux que le film.) L’histoire est simple : deux kidnappeurs enlèvent la jeune Alice Creed et la gardent en otage dans un appartement customisé pour l’occasion. Leur but ? Récupérer une rançon considérable chez le riche papa de mademoiselle Creed. Simple, d’apparence, en tout cas. Avec cette fausse désinvolture et cette facilité de façade des bons réalisateurs, J Blakeson tisse le fil de plus en plus complexe d’une histoire à tiroirs secouée tous les quarts d’heure par un nouveau retournement de situation. Les relations entre les trois seuls personnages physiques du film (les autres sont suggérés) sont explorées et poussées à l’extrême, et ce point de départ qu’on ne pensait pas tenir plus de vingt minutes (les trois dans un deux-pièces) se révèle diablement plus sournois qu’on aurait pu l’imaginer.
Trois personnages et trois acteurs ex-cel-lents (oui-oui, ils méritaient les tirets). Gemma Arterton, bien sûr, au minois mondialement reconnu depuis son passage dans la saga Bond via Quantum of Solace et bientôt Prince of Persia. Une actrice abonnée à des rôles un peu potiches dans les grosses productions hollywoodiennes, mais qui, dans ce petit film (économiquement parlant) anglais, déploie toute la palette de son talent. Un personnage fragile (à prime abord), rudement malmené, subissant les pires humiliations. Et qui va prendre force et assurance à mesure que ses geôliers les perdent. Des ravisseurs interprétés par Eddie Marsan (le Lestrade du Sherlock Holmes de Guy Ritchie), bluffant, et le jeune Martin Compston, sidérant, dévoué au rôle comme on le voit rarement. Une gueule à suivre.
On passera pour ne pas les éventer sur les rebondissements du scénario, machiavélique à souhait, renversant systématiquement les rapports de force et capable de créer un suspense insoutenable avec un type qui va aux chiottes. Remarquable. Car c’est aussi à travers un réel sens du cadre et du montage que Blakeson parvient à maintenir à l’image les qualités indéniables de son script. Dès la première scène, montage parallèle de deux travellings aux vitesses différentes, la tension est là. Et elle s’intensifie durant les minutes suivantes, présentant sans une ligne de dialogue les préparatifs des deux criminels. Bien sûr, elle ne redescendra jamais et plafonnera dans une scène finale où rien ne se passe comme prévu, autant pour eux que pour nous. Du putain de bon cinéma, j’vous dis !








"un suspense insoutenable avec un type qui va aux chiottes" dit comme ça on peux se demander ce que Mr Wolf à pris comme drogue... Et pourtant c'est indéniable, cette scène est mémorable! C'est ce que j'ai beaucoup aimé avec ce film, les scènes ont toutes leur importance..
[...] la critique de l’avant première sur The Mainstream Club Tags: Anchor Bay Films, Eddie Marsan, Gemma Arterton, Haut et Court, J. Blakeson, La Disparition [...]