
Presque une décennie après avoir livré ce qui restera irrémédiablement une comédie culte pour toute une génération d’idiots comme moi, Kad et Olivier reforme le duo Bullit-Ripper dans Mais qui a re-tué Pamela Rose ?, suite improbable du film à l’à peu près même titre. Dans un paysage comique où les Américains dominent et les Français patinent, on attendait beaucoup de ce retour des braves. On a eu beaucoup. Un peu dans tous les sens, certes, mais beaucoup quand même…
Quand il reçoit un appel du shérif de Bornsville lui annonçant que le cercueil de Pamela Rose a été volé, l’agent Douglas Riper voit là une occasion de renouer les liens avec son ancien coéquipier Richard Bullit. Un ex-ami avec lequel il est brouillé, depuis des années, suite à une fâcheuse histoire de femme et de Fuego. Les deux anciennes gloires du FBI, devenus des purs has-been, se retrouvent donc pour enquêter sur cette profanation, sans savoir qu’ils sont en réalité attirés dans un piège par un homme qui leur en veut beaucoup. Sans se douter non plus qu’ils seront bientôt les seuls à être au courant que la présidente des États-Unis of America est sur le point d’être assassinée. Rien que ça…
FOUTOIR
Kad et Olivier n’ont jamais été des gens très ordonnés. Venus de la radio où on passe rapidement d’une chose à l’autre sans transition, ils ont gardé ce réflexe qui les fait rapidement passer du coq à la loutre sans passer par l’âne. Et si ça passait très bien à la télé, il avait fallu Eric Lartigau à la réalisation du premier opus pour canaliser l’énergie débordante du couple comique. En charge d’eux-mêmes, Kad&O ont souvent du mal à viser juste et semblent plus aborder leur film comme une série de sketches, passant d’une tonalité humoristique à une autre dans un bordel qui, s’il est foutraque, reste aussi incroyablement joyeux. Et bien que certaines vannes aillent trop loin et n’arrivent pas à s’arrêter à temps, la faute est à jeter à un trop-plein d’idées et d’envies qui auraient finalement presque pu s’étaler sur deux films.
PARODIE
Néanmoins, voilà , Mais qui a re-tué Pamela Rose ? est drôle, très drôle, et va jusqu’au bout de sa volonté. Cultivant un goût de l’absurde, de la surenchère et du ridicule, Bullit et Ripper seraient un peu les cousins extravertis d’OSS 117. Là où les films d’Hazanavicius gardent un côté pince-sans-rire et classieux, Kad et Olivier y vont à fond, mais les deux Å“uvres ont en commun de proposer une parodie sincère et surtout visuellement nickel. En tournant cette fois réellement aux États-Unis (surtout à Washington), le duo apporte encore en authenticité à leur décorum, s’appuyant toujours sur une reconstitution juste de l’Amérique qui, dans son réalisme, érige le film, comme son prédécesseur, au rang des bonnes parodies, une catégorie de plus en plus désertée par manque de sérieux technique et artistique.
SINCÉRITÉ
Et derrière ce goût du travail bien fait se cache la qualité principale du duo, celle qui fait qu’ils sont toujours autant appréciés et que tout tient debout : une profonde sincérité. Kad et Olivier ne se restreignent pas, citent Mel Brooks et les ZAZ avec référence et révérence, mais assument de cuisiner leur propre tambouille, avec leurs codes, leur timing et leur ton. A l’heure où l’humour français se cantonne trop souvent à des chroniqueurs en costards attentif à leur image, les deux semi-chauves se griment, s’enlaidissent, s’abaissent au pire pour atteindre leur but ultime : faire rire. Ce n’est pas leur image qui importe mais bien l’image tout court, celle du film, soignée, peuplée de personnages lâches et improbables aux perruques immondes. Mais qui a re-tué Pamela Rose ? veut faire rire et veut être un vrai morceau de cinéma qui aime ce qu’il fait. Mission accomplie.







