CINÉMA

4 décembre 2012

EN QUELQUES MOTS : Silent Hill – Révélation, y a les mêmes à la maison

Un peu plus de six ans après le premier et classieux volet réalisé par Christophe Gans, la saga cinématographique qui adapte la franchise vidéo-ludique accouche d’un deuxième opus : Silent Hill : Révélation. Certains en attendait beaucoup, d’autres craignaient un ratage inutile, le résultat se trouve au finale le cul entre ces deux chaises…

Depuis son plus jeune âge, Heather Mason a l’habitude de changer d’adresse très souvent avec son père. Sans vraiment savoir pourquoi, elle fuit. Pourtant, cette fois, elle est piégée. Pour sauver celui qui avait toujours réussi à la protéger et découvrir qui elle est vraiment, Heather va devoir affronter un cauchemar qui devient de plus en plus réel : Silent Hill…

SUITE

D’un côté, on apprécie de voir que ce Silent Hill : Révélation continue l’intrigue du premier opus. En effet, le duo très charismatique formé par papa Sean Bean et sa fille Adelaide Clemens réussit à nous accrocher très rapidement, surtout parce que, contrairement au film initial, on a ici droit à une mise en place digne de ce nom qui nous permet d’inscrire les personnages dans une réalité palpable. Et pour ceux qui on vu (ou revu) la première partie, l’attachement est d’autant plus fort qu’il repose sur le passé connu des protagonistes. De l’autre, Michael J. Bassett ne fait finalement pas grand-chose pour s’éloigner du « modèle ». On aurait voulu quelque chose de différent, et il nous le donne dans le premier tiers du film, le plus réussi, où les visions de Silent Hill viennent directement hanter le monde réel. Une demie-heure d’amorce haletante et flippante qui donne de l’ampleur au concept en lui permettant de dépasser les frontières de la ville fantôme.

NOUVEAUTÉ

Mais passé cette introduction bien foutue, le retour à Silent Hill semble plomber les idées du réalisateur et on nous ressert les mêmes scènes et les mêmes situations à peu près dans le même ordre. En effet, il ne suffit pas de changer l’école en asile pour éveiller la curiosité. Bassett lance bien quelques pistes, comme les jeunes filles prisonnières de la fabrique de mannequins, mais uniquement pour les tuer dans l’œuf aussitôt. Et même si le combat final est plutôt classe, les nouvelles créatures designées avec soin (l’araignée-mannequin ou la vraie apparence de la grande méchante), on ne peut s’empêcher de penser que si quelques ingrédients changent, la recette reste, au fond, sensiblement la même, jusqu’à déboucher sur une scène finale reprenant les mêmes ressors et distribuant juste les rôles à d’autres têtes.

ENTRE-DEUX

Au final, Silent Hill : Révélation résulte en un entre-deux de bonne facture, mais pas inoubliable. D’abord parce qu’à aucun moment il n’arrive à se libérer de ces augustes prédécesseurs. Que ce soit un premier opus envers lequel il est bien trop respectueux (pour preuve les incessants flashbacks explicatifs), envers le jeu vidéo originel, dont il a bien du mal à s’extirper de son écriture par niveaux, ou encore de l’univers créé par Konami, dont il s’échine  à sur-expliquer des détails qui perdent alors tout leur mystère et leur onirisme horrifique. Ensuite, le film de Bassett ressemble trop à un intermédiaire, un lieu de passage, un pont entre le chapitre précédent et le suivant, dont il pose ouvertement les bases (les flics qu’on perd et qu’on ne revoit qu’à la toute fin, le père qui reste dans la ville). Le problème, c’est justement que les enjeux (nouveaux et plus opaques) et le changement de casting (plus de personnages, plus différents) qu’on nous annonce dans les dernières minutes du métrage sont diablement plus engageantes que toutes celles qui ont précédées, et qui n’ont tenu debout, pour beaucoup, que grâce au magnétisme indéniable de son actrice principale. Bon, certes, mais héritier et annonciateur de mieux.

Actuellement en salles



à propos de l'auteur

Mr Wolf
Co-créateur du Mainstream Club et auteur de la première heure, Mr Wolf est réputé pour avoir une pilosité aussi imposante que l'animal derrière lequel il se cache. Passionné par les comics, le cinéma et les séries, il a pour mot d'ordre de ne parler que des choses qu'il aime et de ne jamais écrire pour démolir. On raconte qu'il aurait tué une meute d'ours à mains nues et conquis la Russie en 768, mais aussi plausibles qu'elles soient, ces légendes n'ont jamais pu être vérifiées...




 
 

 
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  1. colibri

    J’avoue j’ai été déçue… C’est une suite d’accord, mais je pense qu’un bon film d’horreur, doit garder ce qu’il faut de mystère.
    Et même si j’aurais du m’en douter vu le sous titre Révélation, j’ai trouvé cet opus beaucoup trop explicatif. Il en perd tout son mystère et donc toute l’ambiance horrifique et flippante que j’avais tant apprécié dans le 1er.
    Des créatures vues et revues, quelques nouveautés certes, mais à peine exploitées.
    Un troisième?! Eh ben espérons qu’il retrouve le juste équilibre.



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