Cérémonie d’ouverture
Quand on va voir un film qui s’appelle Le Dernier Exorcisme, on sait ce qui nous attend. Ben en fait non, ou pas tout à fait. Parce que le film de Daniel Stamm casse dès le départ toute idée préconçue qu’on pourrait avoir. Effectivement, on pouvait imaginer qu’avec Eli Roth (réalisateur des excellents Hostel, Ours Juif dans Inglourious Basterds et caution cool dans Piranha 3D) à la production, on aurait droit à une œuvre qui allait chercher autre chose qu’être un énième film d’exorcisme. A réfléchir, ceux-ci ne sont pas nombreux, tant le genre se résume à lui seul à un unique film culte L’Exorciste de William Friedkin, référence absolue du film d’horreur.
Se placer à la suite de ce grand frère talentueux mais imposant n’est donc pas chose aisée. C’est pourquoi Le Dernier Exorcisme nous prend immédiatement à contre-pied. Stamm décide de livrer son histoire sous la forme d’un documenteur où deux documentaristes suivent un prêtre en pleine crise de foi se livrer à son dernier exorcisme avant de raccrocher définitivement, admettant que cette pratique est aussi dangereuse que frauduleuse. Mais cette fois-ci, il semblerait bien qu’il soit confronté à un cas véritable devant lequel il se trouve bien démuni…
La première chose qui captive et qui saute aux yeux dans Le Dernier Exorcisme, c’est le talent de son acteur principal. Pas superstar mais habitué des seconds rôles télé (Joan of Arcadia, Veronica Mars, Pushing Daisies, The Mentalist, etc. Pas de la merde, donc.), Patrick Fabian est d’une justesse hallucinante et il réussit à développer dans une introduction entrecoupée d’interviews un personnage fascinant. Showman tordant, pasteur en proie au doute, père inquiet, héros malgré lui, Cotton Marcus est un être tellement unique qu’on regrette de ne le voir se développer sur seulement 87 minutes tant il aurait mérité une série à lui tout seul ! Une performance d’acteur à remarquer qui justifie à elle seule la vision du film…
… s’il n’était pas aussi entouré par une pléiade de seconds rôles complètement dévoués à leur personnage et réussissant eux aussi à rester crédibles dans l’exercice très complexe du faux documentaire où les acteurs n’ont pas le droit d’avoir l’air d’en être. De la jeune possédée à son inquiétant frangin, en passant par le père, bouseux limite intégriste mais réellement touchant d’humanité, tous contribue à donner au Dernier Exorcisme l’authenticité nécessaire à la réussite d’une entreprise aussi casse-gueule.
Parce que là où des projets similaires, comme La Casa Muda ou Paranormal Activity, finissaient par n’être que de simples expériences et relevaient finalement plus de l’attraction que du film, Stamm et son film défendent un propos intelligent. Tout au départ, la bande devait s’appeler Cotton et une affiche preview annonçait ceci : « Si vous croyez en Dieu, vous devez croire au Démon ». Une phrase pas conne du tout, énoncée en début de métrage par le pasteur exorciste, qui restera la problématique qui parcourra l’histoire tout du long. Parce que d’un bout à l’autre, nos convictions sont remises en question : est-ce que la jeune fille est possédée ou psychotique ? est-ce que le Démon existe ? et Dieu dans ce cas ? Convictions encore plus ébranlée par la forme de l’ensemble, où cinéma et réalité se chevauchent et se mêlent pour finalement laisser le spectateur choisir ce qu’il pense regarder. D’autant que, paradoxalement, Stamm contrôle l’aspect docu de sa réalisation avec un réel sens de la cinématographie (le faux exorcisme coupé par un making-of, la jeune fille qui prend possession de la caméra et l’utilise comme arme…).
On pourrait juste regretter la fin, qui, au sortir de la salle, semble trop choisir son camp et finalement renier la respectable objectivité qu’il s’était forgé jusque là. Une petite déception qui, à plus y réfléchir, reste finalement la seule issue possible, puisque du sacré ou de l’humain, le film ne choisit et mélange les deux avec malice. Bref, un très très bon film, qui réussit plusieurs fois le grand écart risqué de faire marrer la salle puis de la crisper de peur à quelques minutes d’intervalle. Chez moi, on appelle ça un putain de tour de force !








Bon alors c'est la soirée de rébellion...
"reste finalement la seule issue possible" pas d'accord du tout, il aurait pu faire en sorte que ça reste dans le même ton, même si le film tendait de plus en plus vers l'existence du démon, le montrer de cette façon n'était pas la seule issue.
Sinon rien à redire, c'était juste génial! La partie documentaire m'a très agréablement surprise, drôle et très bien faite. C'est vraiment pas comparable avec la référence "L'exorciste" ou encore "L'exorcisme d'Emily Rose", car contrairement à ceux-ci il y a de l'humour dans "Le Dernier Exorcisme" c'est le petit plus du film. La tension est là mais pas comme on l'aura vu dans les 2 autres.
Par contre, le démon de la mauvaise blague t'a pas quitté lui : Mate démon ...
Sérieusement ? !