CINÉMA

21 septembre 2012

FEFFS ’12 : Grabbers, qui tente accule

Compétition Internationale

De SOS Fantômes à Shaun of the Dead en passant par les Gremlins, la comédie a souvent été une alliée appréciable de l’horreur. Grabbers ne va pas contredire cette thèse en balançant des poulpes aliens sur une île irlandais où le pire travers des habitants va devenir leur moyen de survie. Tordant du début à la fin…

Des monstres marins aliens aux allures de poulpes suceurs de sang s’attaquent à une île au large des magnifiques côtes nord-irlandaises. Quant à leurs progénitures, ce sont de petites bêtes frétillantes qui, dès la sortie de leurs œufs visqueux, ont une bouche démesurée et un appétit vorace. Les rares personnes au courant de la menace extraterrestre sont deux gardas ou flics irlandais, un scientifique anglais volant la vedette aux autres acteurs, et un Irlandais ivre en permanence mais lucide. Une violente tempête approchant, ils ont pour devoir de protéger la population locale tout en leur cachant la nature de la vraie menace…

Jon Wright a compris le truc. Pour que le public puisse accrocher à une comédie, il faut qu’elle ait la même facture visuelle que n’importe quel film « sérieux » soigné. Et cela est encore plus valable lorsqu’on rajoute par-dessus le tout une couche d’horreur. Bien sûr, il est difficile de rêver plus beau décor que les côtés irlandaises, mais Wright les filme au démarrage de son film avec un amour qui ne tombe jamais dans la carte postale aguicheuse. Parce que l’intérêt est ailleurs et que sa réalisation inspirée et classieuse, très 80′s dans le bon sens du terme, est avant tout destinée à donner corps à une histoire qui, si elle n’est pas d’une originalité unique, est parcourue d’une belle énergie et ne laisse jamais le spectateur se reposer, alternant scènes comiques et horrifiques sans cesse et mélangeant souvent les deux avec bonheur.

Si certaines affiches peuvent faire un poil série Z direct-to-video, Grabbers n’en est clairement pas un et parvient, malgré le pitch potache qui rythme sa seconde moitié, à ne jamais tomber dans l’humour prout-prout. On rit à répétition et les prestations des acteurs n’y sont pas étrangères. Richard Coyle, Ruth Bradley et Russell Tovoy, habitués des téléviseurs britanniques, forment un trio de tête costaud sur lequel Wright peut se reposer en jouant sur leur capacité à pousser le bouchon jusqu’au bout sans jamais tomber dans la caricature. Mais le réalisateur peut aussi s’appuyer sur un traitement horrifique carrément réussi avec une créature à la fois flippante et old school remarquablement réalisée (on y croit du début à la fin) et des rejetons vraiment funs, exploités à merveille dans une scène hommage aux Gremlins. Une heure et demie de flippe rigolarde mais exigeante dans sa mise en scène comme on aimerait en voir plus souvent.

Sortie française indéterminée

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à propos de l'auteur

Mr Wolf
Co-créateur du Mainstream Club et auteur de la première heure, Mr Wolf est réputé pour avoir une pilosité aussi imposante que l'animal derrière lequel il se cache. Passionné par les comics, le cinéma et les séries, il a pour mot d'ordre de ne parler que des choses qu'il aime et de ne jamais écrire pour démolir. On raconte qu'il aurait tué une meute d'ours à mains nues et conquis la Russie en 768, mais aussi plausibles qu'elles soient, ces légendes n'ont jamais pu être vérifiées...




 
 

 
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