CINÉMA

22 septembre 2012

FEFFS ’12 : Insensibles, tous coupables

Compétition Internationale

Voilà-voilà, les festivals, c’est rude et il arrive qu’on pique du nez. Plus rarement, il se peut même qu’on s’assoupisse sagement pendant la moitié d’un film, souvent indépendamment de la qualité de celui-ci. Et ce coup-ci, c’est Insensibles qui fait les frais de la fatigue accumulée et de la force de gravité entre la front et le sol. De là à faire la blague facile qui dirait que j’y ai été insensible…

A la veille de la guerre civile espagnole, un groupe d’enfants insensibles à la douleur est interné dans un hôpital au cœur des Pyrénées. De nos jours, David Martel, brillant neurochirurgien, doit retrouver ses parents biologiques pour procéder à une greffe indispensable à sa survie. Dans cette quête vitale, il va ranimer les fantômes de son pays et se confronter au funeste destin des enfants insensibles…

Insensibles démarre bien. Par une scène fantastique d’une grande poésie. Puis par un accident de voiture spectaculaire en ultra-ralenti qui confère à la scène une aura particulière. Pour ensuite jongler avec les flash-backs en convoquant un récit qui se déroule sur deux époques et se répondent de plus en plus. Le problème, c’est bien le basculement qui s’effectue de façon incompréhensible en milieu de métrage. Le film de Juan Carlos Medina devient alors répétitif et abandonne le fantastique réaliste qui lui allait tellement bien pour s’enfoncer dans une énième plongée dans les (nombreuses) années noires de l’Espagne et comment elle touche encore la génération actuelle à travers les remords de ses parents. Cette histoire-là, rabâchée annuellement dans le cinéma ibérique, plombe le départ prometteur du film.

A vouloir traiter de trente ans et des poussières de bouleversements politiques, à s’obstiner à nous enfermer dans une cellule qu’on voit beaucoup trop et à ne jamais faire respirer son image (ne cherchez plus les plans larges au bout d’une heure), Medina échoue à la fois à peindre une fresque en marge de l’Histoire et à brosser le récit intimiste d’une famille qui ne connaît pas elle-même. Après, Insensibles n’est pas exempt de quelques fulgurances, et notamment des plans superbes, comme dans un climax silencieux et brûlant ou dans une transition où une ligne tracée dans le sang se transforme en une sinueuse route de montagne. Medina manque encore de la rigueur narrative et formelle des réalisateurs plus expérimentés, mais son premier long-métrage est d’ores et déjà une jolie promesse pour le futur.

Puis bon, je me le rematerai mieux reposé pour me faire une seconde opinion…

Sortie française le 10 octobre 2012

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à propos de l'auteur

Mr Wolf
Co-créateur du Mainstream Club et auteur de la première heure, Mr Wolf est réputé pour avoir une pilosité aussi imposante que l'animal derrière lequel il se cache. Passionné par les comics, le cinéma et les séries, il a pour mot d'ordre de ne parler que des choses qu'il aime et de ne jamais écrire pour démolir. On raconte qu'il aurait tué une meute d'ours à mains nues et conquis la Russie en 768, mais aussi plausibles qu'elles soient, ces légendes n'ont jamais pu être vérifiées...




 
 

 
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