CINÉMA

15 septembre 2012

FEFFS ’12 : Robot and Frank, hors-circuit

Film d’Ouverture

Les vieux sont à la mode. Souvent « grâce » à leur antinomie constante du jeunisme ambiant. C’est un peu pour ça (mais pas seulement) que le héros de Robot and Frank est un retraité fantasque et un peu old school. A l’image du film lui-même, un choix plus insolent qu’il n’y paraît pour ouvrir cette cinquième édition d’un festival consacré à un des genres les plus djeun’s du cinéma…

Dans un futur proche. Frank, gentleman cambrioleur à la mémoire fragile, vit en vieux solitaire grincheux jusqu’au jour où son fils lui impose un nouveau colocataire : un robot! Chargé de s’occuper de lui, celui-ci va bouleverser la vie du vieil ours. Frank va nouer une vraie relation avec son robot jusqu’à mettre au point un braquage des plus inattendus. Robot & Frank : le tandem le plus improbable de l’année…

On a du mal à croire que Robot and Frank soit le premier long-métrage de Jack Shreier. En premier lieu parce que la mise en scène du jeune réalisateur fait preuve d’une très grande maîtrise. Ne cédant jamais aux tics tape-à-l’œil dit « du premier film », Schreier refuse de pomper dans les dernières décennies de science-fiction et puise plutôt dans le classicisme des policiers des années 40-50. Une époque où Bradbury signait ses grandes œuvres. On retrouve bien ici l’inspiration du romancier culte, dans cette volonté affichée de ne pas faire de la S-F gratuite mais d’utiliser le genre comme le discret catalyseur d’une fable à hauteur d’homme. La technique se colle sur les pas de Frank et adopte sa discrétion et son regard suranné mais rapidement revivifié.

Et pour une œuvre de débutant, Schreier dispose d’un casting charismatique (Liv Tyler, James Marsden, Susan Sarandon, Jeremy Sisto) au sommet duquel trône un Frank Langella fantastique. Immergé dans son rôle éponyme (un hasard ?), l’acteur sexagénaire porte le film sur des épaules solides et compose un personnage espiègle, original (son passé de cambrioleur) et incroyablement attachant. A l’image de la relation qu’il tisse avec son robot, fil rouge réjouissant qui permet de poser simplement les questions avant-gardistes que posent souvent la S-F trop frontalement. Au sommet desquelles une interrogation complexe mais traitée ici avec douceur : l’humanité est-elle innée ou délivrée par ceux qui vous voient comme tel ? Les adjectifs qui parcourent cet article n’ont pas été choisi au hasard : Robot and Frank est un film d’une grande sensibilité qui traite l’humour et le drame avec la même retenue. Et si la fin peut paraître amère, elle parle finalement du deuil en inversant les rôles et délivre une jolie morale sur l’humanité au sens propre. Rafraîchissant et inattendu.

Sortie française le 19 septembre 2012

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à propos de l'auteur

Mr Wolf
Co-créateur du Mainstream Club et auteur de la première heure, Mr Wolf est réputé pour avoir une pilosité aussi imposante que l'animal derrière lequel il se cache. Passionné par les comics, le cinéma et les séries, il a pour mot d'ordre de ne parler que des choses qu'il aime et de ne jamais écrire pour démolir. On raconte qu'il aurait tué une meute d'ours à mains nues et conquis la Russie en 768, mais aussi plausibles qu'elles soient, ces légendes n'ont jamais pu être vérifiées...




 
 

 
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