
Compétition Internationale
Vous aimez les films de monstres ? Moi aussi ! Ça tombe bien, Storage 24 en est un joli exemple. Loin d’être un classique instantané, le nouveau long de l’english Johannes Roberts surmonte son manque de moyens par une fougue communicative et une brochette d’acteurs inspirés. Et quand c’est juste bien, de quoi on se plaint ?…
Londres est plongée dans le chaos. Un avion militaire s’est écrasé, dispersant ses cargaisons top secrètes à travers la ville. Ignorant complètement que Londres est bouclée, Charlie et Shelley, accompagnés par leurs meilleurs amis Mark et Nikki, sont dans un hangar de stockage pour faire le partage de leurs biens suite à leur récente rupture. Soudain, une panne d’électricité les plonge dans l’obscurité et les empêche de ressortir. Piégés dans des sombres couloirs sans fin, ils deviennent les proies d’un mystérieux prédateur qui les chasse les uns après les autres…
Commençons par le gros problème que j’ai eu en regardant Storage 24. Pour une fois, ce n’était rien d’aussi trivial qu’un voisin qui mâche trop bruyamment ou deux pimbêches qui ricanant bêtement mais bien un souci de proximité. Sûrement Roberts fait-il cela intentionnellement dans le but de nous faire sentir l’enfermement des personnages (et dans ce cas, pourquoi commencer dans la voiture ?), mais les plans larges se comptent sur les doigts d’une main dans son film. A rester tout du long trop près de ses personnages (jusqu’à des ultra-gros plans répétitifs), Roberts finit par agacer plus qu’oppresser. Heureusement qu’il peut compter sur la réactivité d’une troupe d’acteurs charismatiques qui donnent réellement corps à l’histoire. Leurs liens sont rapidement et fortement définis et la situation de malaise post-rupture est traitée avec suffisamment peu de clichés pour qu’on soit plongé à leurs côtés.
Les comédiens peuvent aussi compter sur d’autres qualités du métrage. Et en premier lieu une bestiole plutôt bien foutue. La purge d’une pelletée de films du genre, c’est de jouer le suspense sur l’apparence de son monstre pour finalement nous balancer une créature moche dans le mauvais sens du terme. Là, Roberts se montre sûr de lui et fait les présentations avec sa bébête avant la moitié de la bobine. Il a bien raison puisque le monstre est une « jolie » réussite, aussi dégueulasse que redoutable (comprendre quasiment increvable). L’autre atout de taille de l’entreprise est sa fraîcheur. Si on n’échappe jamais aux codes du genre (le bon gars qui se transforme en salaud, le vieux chtarbé, les portes en acier qui prennent des coups), le scénario les utilisent plutôt habilement et permet à la sauce de prendre grâce à des dialogues réalistes et souvent drôles. Un humour distillé par touches bienvenues qui rend donc Storage 24 éminemment sympathique, jusqu’à nous gratifier d’une conclusion pessimiste qu’on sentait venir dès le départ mais qui fait plaisir à voir.





