CINÉMA

17 septembre 2012

FEFFS ’12 : The Aggression Scale, sales gosses

Midnight Movies

S’il est une chose qu’il faut reconnaître, c’est que Steven C. Miller s’est éclaté en réalisant The Aggression Scale. Croisement incongru de home invasion et de Maman J’ai Raté l’Avion, le film, s’il n’est de loin pas parfait, se place totalement dans la catégorie des Midnight Movies en assumant (même à moitié) son rang de série B bourrine…

Un mafieux envoie ses quatre tueurs à gages pour intimider la famille de celui qu’il suspecte de lui avoir volé 500 000 $. Ayant réussi à pénétrer dans la maison, les tueurs arrivent à neutraliser les parents mais ce sont le fils et la fille qui s’avèrent être plus difficiles à attraper que prévu. Ils commencent même à leur poser de sérieux problèmes, mettant la vie des agresseurs en danger. Ils vont finir par découvrir que le jeune Owen a une propension à la violence au dessus de la moyenne et qu’il a des compétences inattendues dans l’art de la guerre…

Tout commence plutôt bien. Ou plutôt mal si on se place du côté des personnages. The Aggression Scale démarre sur une série de meurtres expéditifs immortalisés par des polaroids. Puis nous introduit auprès de la bande de tueurs et de leur boss impitoyable, interprété par Ray Wise, abonné aux rôles de timbrés. Soit. Miller nous présente ensuite les Rutledge, famille recomposée où la demi-sœur est aussi peu coopérative que le demi-frère mutique et renfermé. La longue exposition qui les concerne n’est jamais ennuyeuse, plutôt bien menée et accomplit sa petite mission : nous attacher d’emblée à cette cellule familiale un poil bancale et traversée d’une tendresse bourrue. Bien. L’irruption des criminels dans ce tableau presque idyllique est ensuite aussi frontal que brut de décoffrage. La pitié ne semble pas être au goût du jour et la situation dérape immédiatement dans une ambiance bien anxiogène comme il faut.

« Jusque là, tout va bien. » Le problème vient ensuite. Parce que si on veut bien gober qu’Owen, le blondinet bouclé, soit particulièrement débrouillard et plus malin que ses quatre adversaires réunis, on a du mal à croire à cette version hardcore de Macaulay Culkin, qui se trouve être un croisement de MacGyver et de Rambo d’un mètre quarante. Ça passerait encore si Miller nous avait vendu dès le départ un film décalé et surréaliste, mais le jeune cinéaste a ici opté pour une réalisation très proche du réel, limite naturaliste, qui correspond très bien à la première moitié mais plus du tout à la seconde. En choisissant un découpage à ce point premier degré, Miller tape systématiquement à côté et les agissements d’Owen passent vite de l’impressionnant au risible. Surtout que le film subit un glissement étrange dans sa deuxième partie. Les effets de montage se font exagérés (une foule de ralentis inutiles), tout comme des bruitages superflus qui apporte plus de ridicule que de tension (les « woosh » dès qu’un type se retourne). De plus, la psychologie d’Owen est de plus en plus contradictoire, uniquement justifiée par un passif agressif qui lui a valu un séjour en institution. Or, le bonhomme est finalement plus intelligent qu’il n’est violent.

Malgré tout, le film finit par s’en tirer correctement en ne faisant aucune concession narrative et en livrant un final pas vraiment optimiste où les cadavres s’amoncellent jusqu’à une ultime scène assez jouissive qui donnerait presque envie de retrouver Owen et sa demi-sœur.

Sortie française indéterminée

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à propos de l'auteur

Mr Wolf
Co-créateur du Mainstream Club et auteur de la première heure, Mr Wolf est réputé pour avoir une pilosité aussi imposante que l'animal derrière lequel il se cache. Passionné par les comics, le cinéma et les séries, il a pour mot d'ordre de ne parler que des choses qu'il aime et de ne jamais écrire pour démolir. On raconte qu'il aurait tué une meute d'ours à mains nues et conquis la Russie en 768, mais aussi plausibles qu'elles soient, ces légendes n'ont jamais pu être vérifiées...




 
 

 
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