
Compétition Internationale
Comme son confrère anglais When the Lights Went Out, The Pact propose d’aborder ce sujet archi-rebattu qu’est la maison hantée sous un angle un peu nouveau et dans une esthétique moins baroque. Nicholas McCarthy n’a peut-être pas le talent de son homologue britannique, mais il réussit à livrer un film, s’il est imparfait, qui a au moins le mérite de vouloir jouer le jeu différemment…
Nicole et Annie se sont éloignées de leur mère suite à une enfance malheureuse. Lorsque celle-ci meurt, Nicole retourne dans leur maison d’enfance située dans une banlieue quelconque de Los Angeles afin de préparer l’enterrement. Quand Annie arrive, sa sÅ“ur Nicole a disparu. Il en sera de même pour d’autres personnes pénétrant cette maison emplie de secrets et de souvenirs réprimés. Annie fait de violents cauchemars et s’enfuit après l’attaque d’un être invisible. Puis Stevie, une médium fragile, révélera à Annie que cette force tente de la mettre en garde au moyen de messages qu’il lui faudra décrypter. Annie commence alors à enquêter sur les secrets de sa mère…
Déjà , un film avec Casper Van Dien, ça ne se loupe pas ! Même si l’acteur a enchaîné les rôles honteux dans des productions Z qui ne l’étaient pas moins, il faut lui laisser d’avoir une gueule unique et un charisme toujours intact. Mais son personnage de flic cool est à l’image de The Pact tout entier : on ne sait jamais sur quel pied danser et on finit pas se demander si ce n’est pas aussi le cas du réalisateur. Étendant un scénario de court-métrage pour en faire un long, Nicholas McCarthy étire son action à l’excès et joue le minimalisme d’actes et de paroles. Si c’est une conséquence de la finesse du script, elle est peu excusable, si c’est un parti-pris, il est plutôt pas trop mal exploité. Cependant, on ne peut ignorer les multiples incohérences qui émaille l’histoire, que ce soit le mystère de la maison dont on a du mal à croire qu’aucune des sÅ“urs ne l’ait découvert plus tôt, ou même des scènes entières qui sonnent faux (le type entend le chargeur tomber par terre depuis la cuisine, mais il ne l’a pas entendu marcher sur le plancher qui craque juste au-dessus de lui ?!).
Ce qu’on peut se dire aussi, c’est que McCarthy a voulu livrer une Å“uvre mystérieuse et atmosphérique, qui a pour but de ne pas répondre à toutes les questions et de plus jouer sur les ressentis que sur la réflexion. En ce sens, The Pact est plutôt bien troussé avec des séquences de flippe assez classes et jouant sur un réalisme maximum, une absence d’effets spéciaux numériques bienvenue et une proximité extrême avec une actrice principale solaire et troublante, Caity Lotz. On a finalement autant de mal à adorer qu’à ne pas aimer le film, tant il campe tout du long sur sa stylisation épurée et sur une compréhension opaque. Le tout dynamité par moments d’instants de pure tension comme une séance de mediumnie plutôt originale et une autre de spiritisme qui joue avec nos nerfs. Dans l’ensemble inégale, la première réalisation de McCarthy n’en est pas moins prometteuse.







