Surprenante association que ces deux films, n'est-ce pas ? Rassurez-vous, ils n'ont en commun que le fait que ce sont les derniers que j'ai vus en salles. Parce que sinon, rien de comparable entre La Délicatesse, comédie romantique surprenante et subtile, et Le Pacte, film d'action qu'on aurait aimé apprécier plus...
La Délicatesse, du tout Tautou
Nathalie a tout pour être heureuse. Elle est jeune, belle, et file le parfait amour. La mort accidentelle de son mari va couper son élan. Pendant des années, elle va s'investir dans son travail, se sentir en parenthèse de sa vie sensuelle. Mais subitement, sans qu'elle comprenne vraiment pourquoi, elle embrasse un de ses collègues, Markus, un homme très atypique. S'ensuit alors la valse sentimentale de ce couple hautement improbable...
A voir la bande-annonce, on ne savait pas trop à quoi s'attendre avec La Délicatesse, petit film adapté du roman de David Foenkinos et réalisé en binôme avec son frère Stéphane. Une bluette inoffensive ? Une comédie romantique maladroite ? Rien de tout ça, puisque le film qu'ont mitonné les deux frangins est une surprise aussi inattendue qu'agréable. Hormis une première partie qu'on aurait préféré pas éventée par la promotion du film (la mort du mari) et qu'on attend venir à cause d'une exposition trop longue quand on ne mise pas dessus. Au-delà de ça, l'ensemble est d'une grande sincérité, suivant le personnage tourmenté d'Audrey Tautou (parfaite) à travers l'évolution d'une vie douce-amère qui ne lui a pas réservé que des surprises. C'est réellement dans sa peinture des états d'esprit francs de cette Nathalie tour-à-tour charmante et agaçante, recluse et énergique, que les réalisateurs puisent la force de leur film, et ce qui en fait le sel et l'unicité. Les atermoiements de trentenaires, on en a (beaucoup) trop vu dans le cinéma français, mais là, on pourrait suivre encore et encore ces aventures normales d'une jeune femme déboussolée. Mais l'autre réussite de cette petite entreprise, c'est bien le rôle confié à un François Damiens surprenant qui traverse le film à dévoiler d'autres facettes de son jeu à mesure que son personnage potache puis adorable se révèle lui-même.
Le Pacte, un tué pour un rendu
Après que sa femme se soit fait violemment agresser, Will Gerard est contacté par une mystérieuse organisation. Face à une police inefficace et incompétente, un groupe de citoyens s’est réuni pour faire respecter la justice. Ils proposent à Will de venger sa femme en éliminant le coupable en échange d’un petit service qu’il devra leur rendre plus tard. Lorsqu’il comprend que pour effacer sa dette il devra lui aussi tuer un homme, il va réaliser qu’il est pris au piège...
On dit qu'aujourd'hui, les scénaristes sont les rois d'Hollywood. Le fait qu'ils soient mieux traités que chez nous donne plus de relief que mérité à cette allégation. Mais Le Pacte (Seeking Justice) fait partie de ces films qui prouvent cette tendance actuelle à suivre le scénario à la lettre, en oubliant au passage rythme et audace. Surtout qu'en lui-même, le script accouché par Robert Tannen et Yuri Zeltser n'est pas non plus un chef-d’œuvre (n'est pas Aaron Sorkin qui veut). On peine donc à comprendre le manque d'intention flagrant de Roger Donaldson, vieux routard du film d'action qui avait livré dernièrement un Braquage à l'Anglaise plus que sympathique. Il est vrai que le réalisateur n'a pas que des réussites à son actif, mais celui-ci manque cruellement de ce petit quelque chose qui le démarquerait des dizaines d'autres actioners par an où le fameux type bien sous tout rapport est embrigadé dans une intrigue qui le dépasse. On ne peut pas reprocher à Nicolas Cage son manque d'implication, lui qui, malgré une réputation immérité, interprète toujours chaque rôle avec une conviction sincère. Vous l'aurez compris, loin d'être irregardable, Le Pacte ne restera pas non plus gravé dans les mémoires...
~ Actuellement en salles ~
Tags: Audrey Tautou, Bruno Todeschini, David Foenkinos, François Damiens, Guy Pearce, January Jones, La Délicatesse, Le Pacte, Nicolas Cage, Robert Tannen, Roger Donaldson, Seeking Justice, Stéphane Foenkinos, Tout d'un Coup, Yuri Zeltser

Laisser un commentaire